Cette question résonne dans ma tête. Je savais, je le savais que j'aurais du lui dire, mais je ne m'attendais pas a ce qu'il me le demande maintenant. Peut-être qu'une fois dit, je serais tranquille, mais en attendant, c'est difficile a dire. Je ne veux pas lui mentir, surtout après toutes ces années séparés l'un de l'autre. Il faut, maintenant que je lui dise. Ne me coupe pas Bill, s'il te plait, ne me coupe pas la parole. Je relève doucement ma tête et la tourne vers lui, un peu surprise par cette question qu'il me pose, pourtant j'aurais du m'y attendre. Il attend, que je lui réponde. Je le regarde, il hausse le sourcil. Je me lance.
Jude : Je...
J'allais continuer mais une voix nous arrête. Sauver par le Gong.
« Bah alors Bill ! Tu drague ? »
O_O. Bill et moi nous retournons en même temps vers sa maison. Je le reconnais directement étant donné qu'on le voit sur la plupart des couvertures de magasine aussi. Tom, son frère jumeau. Ca me fait bizarre de le revoir. Lui et moi ne non entendons pas très bien avant, espérons que maintenant, il aura mûrit ! Je pense que lui, il ne m'a pas reconnu. Il s'approche vers nous, je me retourne devant. Il se place devant nous. Aucun de nous trois ne parle. Tom me fixe avec de grands yeux. Comme s'il avait vu un fantôme. Je ne sais ni comment réagir, ni que dire. Je le laisse faire.
Tom : Jude ?
Je me contente de lui sourire. Ne sachant pas encore comment il allait le prendre. Tom rigole face a la tête de son frère, j'avoue que c'est plutôt marrant !
Tom : Ca... ca fait longtemps.
Jude : Et oui Tom...
Bill : On va se promener ?
Jude : Sans problème, tu viens Tom ?
Tom : Non... Je crois que je vais rester là.
Il a l'air sous le choque de mon retour. Bref je lâche un petit rire puis attrape le poignet de Bill. Il se lève a son tour puis nous partons nous balader, tout les deux a travers les rues de Loischte. Toute l'après midi, nous nous serons balader en parlant de toute comme de rien, du passé surtout et du futur. Dans chaque rue, c'est comme ci je retrouver un peu de mon passé, et a chaque fois Bill et moi entamons une conversation. Parce que ces rues, c'est ensemble qu'on les parcourait. Les plus belles, comme les plus sombres et dangereuses. Tout ça, c'était il y a 5 ans et j'imagine que pendant ces 5 ans, il a du les parcourir seul, où avec quelqu'un d'autre ces rues. En 5 ans, il a du s'en passer des choses, pour lui aussi. C'est la vie, le destin. Notre destin, c'était de nous retrouver. C'est fait, et maintenant ? Le temps passe vite à ses côtés, mais peut-importe, je profite. On rattrape un peu de temps perdu. J'ai du mal a me dire que nous sommes tout les deux là. On s'est perdu de vue pendant 5 ans, je reviens en Allemagne, on se retrouve malgré les années passées et malgré, l'énorme succès de son groupe. Malgré ce succès, il aurait pu m'oublier. C'est vrai, je fais parti du passé. Être célèbre et faire les plus grandes scènes étaient son rêve quand nous étions jeunes, c'était sa priorité. Maintenant qu'il a ce qu'il a toujours voulu, il aurait pu m'oublier totalement, à croire que non.
Jude : Tu sais, j'suis contente de t'avoir retrouvé !
Bill : Moi aussi, vraiment.
Jude : Tu pense que ton frère va prendre comment mon retour ?
Bill : Je ne sais pas. A vrai dire, je me demandais comment il aurait réagi en te voyant... et là finalement, je ne sais pas quoi penser !
Jude : Ouais...
Bill : Laisse faire le temps, tu verras.
Je lui souris. Nous continuons encore et encore notre petite balade. Peu à peu, je revois des images de lui et moi étant jeune. Je nous revois encore, ne voyant pas tout le danger autour de nous, heureux et insouciant. C'était nous, juste nous deux. A cette époque, la seule chose qui m'embêter déjà, c'était tout ces gens. Tout ces gens ne faisant que bonne figure a mes parents grâce a la célébrité de maman et au fait que nous n'étions pas de « pauvres » personnes. Et j'en ai eu la confirmation au décès de maman, tout ces gens qui nous faisaient bonne figure à l'enterrement, et puis après déjà quelques jours avec nous n'avions déjà plus eu de leurs nouvelles. Pour moi, la célébrité est dangereuse. Tout ces gens, qui nous faisais belle figure me dégoute. Maintenant, il y en a encore des personnes comme ca. Mais il faut faire avec. Rapidement, nous arrivons dans un café genre PMU. Très calme. Entre temps, Bill à enfiler une casquette et de grosses lunettes noire pour soit disant passer un peu inaperçu. Assi dans un coin, face a face a une table de deux personnes, un serveur prend notre commande. Deux cocas. Bill sort difficilement de sa poche un paquet de cigarette et en allume une qu'il porte jusqu'à sa bouche.
Jude : Tu fume toi ?
Bill : Et oui... J'aurais voulu arrêter, mais avec le stress qu'on a chaque jour, c'est impossible !
Jude : Mais c'est risquer pour toi ! Ta voix !
Bill : Je sais, mais tu sais, dans ce milieu, rare sont ceux qui ne fume pas, dans le groupe on fume tous plus où moins.
Jude : Ah...
Bill : Et toi ? Tu ne fumes pas ?
Jude : Seulement quand ca va mal. Quand j'étais en France, je fumais assez souvent, mais je me rends compte que depuis mon retour en Allemagne, je n'ai pas touché a une seule clope.
Bill : Et ca ne te tente pas ?
Jude : Là non, je vais bien. Je n'en suis pas dépendante.
Bill : T'as bien de la chance !
C'est une conversation comme une autre, certes. Mais ca me donne l'impression de refaire connaissance avec lui. C'est comme-ci j'avais l'avant et l'après. Il y a 5 ans il ne fumait pas, maintenant si. Avant il n'était pas célèbre, maintenant si. Il tapote légèrement sa cigarette au dessus du cendrier pour faire tomber les cendres, puis reporte cette connerie à sa bouche. Nous engageons sur plusieurs discutions. Oui, c'est ca. Nous faisons connaissances, après 5 ans séparés. Et oui. Ce sont les 5 ans les plus importants de la vie que l'on a passé loin l'un de l'autre. En 5 ans nous sommes passés du stade d'enfant au stade de pré-adulte. Nous aurons passé notre adolescence séparés. Une période qui aurait pu être superbe ensemble. Mais tant pi. Profitons maintenant. C'est bizarre, je n'arrive pas a tirer un trais sur le passé. Surement grâce aux pensées envers ma mère qui me ramène toujours en arrière. Le serveur nous amène enfin nos boissons que l'on consomme plutôt lentement. Entre temps, mon père m'a téléphoné. Il ne rentrera pas manger ce soir, il risque de rentré tard. Il doit soi-disant diner avec ses nouveaux collègues. Il a déjà programmé notre après midi de demain. Nous passerons chez le peu de famille qu'il nous reste pour qu'ils sachent que nous sommes revenus. Ca ne m'enchante pas, mon père non plus mais bon, selon lui, c'est une question de politesse. Ca ne nous enchante pas car eux, sont comme toutes les autres personnes. L'argent leurs intéresse. Bref.
Jude : Alors, sinon tu dois être content, le succès marche bien en ce moment !
Bill : Ouais... Un peu trop même !
Jude : Comment ça ?
Il porte sa cigarette de nouveau a sa bouche en disant rapidement « Non... Rien ». Je compris que quelques choses le gêner et qu'il ne fallait pas s'attardé sur ce sujet. Je me contentai donc juste de lui demander ce qu'il avait prévu pour demain.
Bill : Séance photos, interviews toute la journée. Juste la soirée de libre.
Jude : Ah quand même.
Bill : Si tu veux au soir on sort.
Jude : Comme tu veux, si t'es pas fatigué !
Bill : Tu parles ! Je passerais te chercher alors et on ira en ville.
Jude : Ok !
Je vois que ma journée de demain est faite. La première fois depuis mon retour en Allemagne que j'ai une journée entière de préparé. Sauf le matin où c'est grasse matinée bien sûr. Notre boisson terminé et la note réglé par mes soins, nous sortons tout les deux puis marchons, de nouveau a travers les rues. Nous arrivons rapidement dans notre rue. Un banc vide se trouve juste a l'entrée du parc, on s'y assoie. C'est comme ci nous aurions voulu que cette après midi ne se termine jamais. Sauf qu'il est déjà 20h, que l'on commence à avoir faim et que le soleil commence à se coucher. Aucun de nous ne parle. Bill allume de nouveau une cigarette. Je tourne ma tête vers lui, il fixe le sol.
Jude : Bill, ca ne va pas ?
Il ne me répond pas et se contente juste de me regarder. J'ai compris. Toute a l'heure, j'avais était sauver par le Gong, mais là, je vais devoirs lui dire.
Bill : Jude, pourquoi t'es partie il y a 5 ans ?
Sa y est, je n'ai plus le choix. Je ne peux plus reculer, et je ne veux plus le faire. Je veux lui dire, qu'il sache pourquoi notre amitié a été suspendue pendant 5 ans. Maintenant, nous avons tout les deux l'âge de comprendre, ce n'est pas comme ci nous étions 5 ans plus tôt. J'y vais... Bill, s'il te plait, ne me coupe pas la parole, je t'en supplie.
Jude : C'est assez difficile. Quand je suis partie d'ici à 12 ans, je ne savais même pas moi-même pourquoi je partais. C'est arrivé en France que j'ai tout compris en voyant tout ces gens triste habillé en noir. Je me souviens encore. Je tenais fermement la main de mon père en regardant toutes ces personnes fausses nous dévisageant et disant en me voyant « Pauvre petite. ». J'ai regardé mon père, j'avais les larmes aux yeux et il m'a dit « Maman est partie, reste forte. Elle te regarde de là haut, elle est fière de toi, j'en suis sûr Jude ». Mon père m'avait dit ca tristement. J'avais compris. Et puis on est resté là bas pour nous remettre doucement, mais c'était difficile. Je n'avais pas osé t'annoncer ça par lettre, et surtout je n'en aurais pas eu le courage.
Une larme coule lentement de mes yeux. Il ne faut pas que je pleure, j'essuie cette larme d'un revers de main. Je m'étais promis de ne plus pleuré. Bill me regarde assez surpris et ne tarde pas à me serrer dans ses bras. Il caresse et tapote doucement mon dos en me disant où plutôt en fredonnant ces paroles.
Bill : Ich bin da, wenn Du willst. Schau Dich um, dann siehst du Mich. Ganz egal, wo Du bist. Wenn Du nach mir greifst, dann halt ich Dich. (Traduction : Je suis là si tu veux. Regarde autour de toi et tu me verras. Peu importe où tu es. Si tu tends la main, je te soutiendrai.)
Je reconnais instantanément ces paroles. Non, pas que ce soit ma préféré, simplement, je l'écouté quand j'étais en France. J'avais l'impression qu'il était là, près de moi et qu'il me chantait cette chanson pour me réconforté quand j'allais mal. J'avais l'impression que c'était pour moi, qu'il penser à moi. Et pourtant, maintenant, il me la chante, vraiment.
Et voilà. J'ai été longue à me mettre sur ce chapitre, mais une fois partie, je ne m'arrêtais plus. C'est surement pour ça qu'il est un peu plus long que les autres ! Merci pour tout, vraiment ! En tout cas j'espère que ca vous plait. J'ai beaucoup d'idée pour la suite ! J'vous embrasse très fort.

